
Ces derniers jours, tout m’a poussé à méditer sur le concept de l’Espérance. Un terme que je n’avais jamais approfondi auparavant. En scrutant les écritures, je me suis dit comment j’ai pu rater un concept aussi important.
Vous connaissez sans doute ce passage :
1 cor 13 v.13 : « Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.
Concentré sur l’amour, j’ai sans doute zappé l’espérance.
Pourquoi l’espérance, la foi n’est elle pas suffisante ? Nous allons le voir plus tard,
mais regardons les écritures qui en parle :
L’apôtre Paul utilise ce terme 36 fois dans ses lettres et la plupart du temps, il débute par ce concept.
Il commence sa lettre aux Ephésiens par :
« Je prie qu’il illumine les yeux de votre cœur pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de son glorieux héritage au milieu des saints »
Il débute aussi sa lettre aux Colossiens par ce concept :
« En effet, nous avons été informés de votre foi en Jésus-Christ et de l’amour que vous avez pour tous les saints à cause de l’espérance qui vous est réservée au ciel. Cette espérance, vous en avez déjà entendu parler par la parole de la vérité, l’Évangile. »
Dans sa lettre aux Thessaloniciens, il avait déjà commencé par ce thème.
« Nous nous rappelons sans cesse l’œuvre de votre foi, le travail de votre amour et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, devant Dieu notre Père. »
Dans les introductions de ces lettres à Timothée et Tite, il ne manque pas aussi de commencer par citer le concept d’espérance
« De la part de Paul, serviteur de Dieu et apôtre de Jésus-Christ. – J’ai été chargé d’amener ceux que Dieu a choisis à la foi et à la connaissance de la vérité qui est conforme à la piété, afin qu’ils aient l’espérance de la vie éternelle. Le Dieu qui ne ment pas l’avait promise avant tous les temps,. »
Et dans la première introduction à la 1ère lettre à Timothée
« De la part de Paul, apôtre de Jésus-Christ par ordre de Dieu notre Sauveur et du [Seigneur] Jésus-Christ notre espérance. »
As t-on un début de définition de ce concept d’espérance ?
Le terme en grec est ἐλπίς (elpis),
Contrairement à l’usage moderne du mot qui exprime souvent un simple souhait ou une incertitude (comme dans « j’espère qu’il fera beau »),
le terme grec elpis dans la Bible désigne une perspective heureuse, certaine et solidement ancrée dans les promesses divines.
En effet, l’auteur d’hébreux définit aussi l’espérance comme essentielle,
elle est comme une ancre :
« …nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide… »

Quand il s’adresse à l’Eglise primitive de Rome, Paul redouble d’intensité :
« Or tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction afin que, par la persévérance et par le réconfort que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance. »
Et plus loin il écrit :
« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous débordiez d’espérance, par la puissance du Saint-Esprit ! »
Qu’est ce qui fait que Paul apporte autant d’importance au concept d’espérance ?
Reprenons 3 écritures que nous venons de lire :
« En effet, nous avons été informés de votre foi en Jésus-Christ et de l’amour que vous avez pour tous les saints à cause de l’espérance qui vous est réservée au ciel. »
« Nous nous rappelons sans cesse l’œuvre de votre foi, le travail de votre amour et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, devant Dieu notre Père. »
« Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.«
J’ai découvert que ce concept se nomme dans le jargon théologique :
La Triade Théologale

La foi, l’amour et l’espérance
Chez l’apôtre Paul, la foi (pistis) et l’espérance (elpis) ne sont pas deux vertus séparées, mais le prolongement continu d’une même certitude spirituelle. Si la foi est l’adhésion ferme à ce que Dieu a déjà accompli, l’espérance est la projection de cette même foi vers l’accomplissement final de ses promesses.
Paul conçoit rarement la relation foi/espérance sans y intégrer le troisième pilier de l’éthique chrétienne : l’amour (ou la charité, agapè). Cette triade revient constamment sous sa plume pour résumer la vie du croyant :
Pour Paul, l’espérance est impossible sans la foi préalable, car c’est la foi qui donne à l’espérance sa substance. La foi s’ancre dans un événement historique passé (la mort et la résurrection de Jésus), tandis que l’espérance tend vers l’avenir (le retour du Christ, la résurrection des croyants et la restauration de la création).
Par contre Colossiens 1 v.4 montre qu’il y a un effet d’aller retour. Dans l’autre sens, l’espérance motive aussi la foi et l’entretient :
« En effet, nous avons été informés de votre foi en Jésus-Christ et de l’amour que vous avez pour tous les saints à cause de l’espérance qui vous est réservée au ciel.
»

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison,«
Défendre l’espérance qui est en nous, n’est ce pas le motif le plus important de toute évangélisation, notre espérance personnelle est finalement la quintessence de notre foi, éprouvée par la vie à travers la persévérance, motivée par l’amour de jésus, mise en pratique dans nos relations avec notre prochain.
